— Poèmes expansés, Voix Editions (2010)
— Barbe bleue, Trouvères&compagnie (2010)
Collection Oeuvres complètes - Juin 2026
Une vieille dame raconte, une petite fille l'écoute, voit sa grand-mère écrire sa vie dans un cahier; la grand-mère regarde la petite fille aux yeux qui écoutent grand; petite fille grandit ; dans le cahier de la grand-mère, le temps fait mine de se dérouler : passé recomposé, enfance, jeunesse, mariage...Jeune fille se récrie, regarde sa grand-mère à jamais vieille, la photographie ; jeune femme écrit, femme réécrit - les aiguilles de la montre tournent tournent.Depuis belle lurette la vieille dame est doux souvenir de grand-mère - et la fille devenue femme devenue vieille à son tour...De l'une à l'autre, entre l'une et l'autre... des pages, couleur de temps
Table
Préfaces
1 / Mémé, Cécile se déshabillent & s’habillent de souvenirs
Pages de gauche Sylvie Nève, pages de droite Cécile Norguet
2 / L’art de la table éplucher, couper, parler
Pages de gauche Sylvie Nève, pages de droite Cécile Norguet
3 / Ceux souvenirs, Sylvie Nève
4 / Mauve c’est la vie - passé, présent, gestes de chaque jour
Pages de gauche Cécile Norguet, pages de droite Sylvie Nève
5 / Où l’œil écoute Grand-mère qui écrit buvard recopier cahier
Pages de gauche Cécile Norguet, pages de droite Sylvie Nève
Épilogue
Postface
"Dans quel rayon ce livre pourrait-il se trouver, débordant tout catalogue et toute classification : roman, fiction, document, autobiographie, livre d’images, livre objet, poésie, histoire, sociologie, témoignage ?!... (...)
Il y a l'histoire d'une grand-mère vue par la petite-fille, qui fait de ce récit un gâteau, une pâtisserie délicieuse, un album ressuscitant les images de ma propre histoire, et c'est alors une clé de lecture : comment on peut rêver être regardé par nos petits-enfants – et ça n'a rien de mielleux ou de faux …
Il y a, surtout, cette beauté de la transmission silencieuse de l'écriture, et entre femmes, au-delà des images, que le livre donne à lire et à voir, cette filiation familiale qui, même au fil des "fausses couches" (au sens propre mais aussi figuré), transmet quelque chose qui va produire ce livre, et chez Sylvie Nève toute son écriture sans doute depuis plus longtemps. Cela donne tout son sens à ce livre-objet, à sa manière de brouiller les frontières entre textes et images, entre autrices, entre générations, voire entre classes sociales."
Patrice Desmons, extrait de la Postface
" Des contes de Perrault, les éditions infidèles furent nombreuses : dès le XVIIIe siècle, le recueil souffrit d'édulcorations successives, calamiteuses ; pour commencer, on transcrivit en prose les contes en vers, puis au fil des siècles fleurirent des versions de plus en plus courtes et simplistes. Or, le sujet en est loin d'être simpliste ou innocent... et le merveilleux, très relatif : sexualité des jeunes filles, inceste, mariage, perte, angoisse, tueur en série ! Poucet fut donc réécrit en premier. Le conte s'articule autour de cet incontournable fécond autant qu'universel : tous les êtres humains doivent perdre leurs parents, quel que soit leur âge. L'un des cailloux durs de la vie. J'ai choisi de réécrire Peau d'âne ensuite : la sexualité de la jeune fille m'allait forcément droit au cœur. Barbe bleue maintenant : séduction, répétition, perversion, passage à l'acte du côté du mari, désobéissance du côté de la jeune femme. La rencontre de la différence sexuelle, pas toujours du miel. Deux sœurs aussi, au cœur de cette histoire : dans La Barbe bleue, le noir est du côté de l'homme, lumière et complicité du côté des deux sœurs. Et une clef fée, drôle de fée, qui garde la mémoire du crime de sang, la culpabilité de Barbe bleue, et en porte la marque, mais ce faisant trahit la curiosité (nécessaire) de la jeune épouse... " Sylvie Nève